Mes ascensions, mes vertiges et mes chutes. Tout cela me semble bien lointain. Cette profondeur qui est en haut, le ciel, je l’oublierai presque. Non, je suis précipité vers le terrien, mes ailes ne battent plus.

Je suis né un jour de printemps et depuis les courtes catastrophes n’ont cessé de croître autour de moi. Mon enfance fut heureuse bien que parfois un peu effarouchée. Ma jeunesse fut idiote comme toutes les jeunesses. J’endosse ma vie d’homme avec une certaine confusion, parvenant à l’âge mûr sans la moindre appétence pour un monde qui semble s’écrouler de toute sa masse. Je serais sénile de par moi-même, le résultat lacuneux d‘une somme d’échecs plus ou moins tangibles. Quoi que je fasse de plus, il faudra que je meure ensuite.

Celui qui renonce sacrifie tout à son désir de hauteur. Il veut s’envoler plus loin, plus haut. Il jette les choses qui alourdissent son vol, le voilà bientôt dans une radieuse exosphère, dans un monde supérieur et comme libéré de toute pesanteur. Plus que toute autre chose il faut donc renoncer… et jamais au grand jamais s’indigner.